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Kathleen Parlow - Le Parlow String Quartet

Encouragée par le succès de cette entreprise, Kathleen Parlow forme, en 1942, son troisième quatuor à cordes qu'elle appelle simplement le Parlow String Quartet. Se joignent à elle le cofondateur Isaac Mamott, violoncelliste principal de l'Orchestre symphonique de Toronto, Samuel Hersenhoren, second violon, et l'altiste John Dembeck. Parlow s'occupe des engagements et de l'administration tout en étant violoniste principale, en continuant avec le Trio et en assumant ses responsabilités de professeure et de soliste. Adoptant la formule à succès du Canadian Trio, le Parlow String Quartet se concentre sur les concerts au Canada et ne se déplace pas à l'étranger. Ils débutent en avril 1943 sur la chaîne radiophonique CBC et, le mois suivant, en concert à l'auditorium Eaton de Toronto. Au cours des 15 ans d'existence du quatuor, ils jouent à Ottawa, à Kingston, à Québec, à Winnipeg, à London et à Hamilton aussi bien que dans l'Ouest canadien et dans les Maritimes. Ils se produisent souvent dans des séries de concerts du Royal Conservatory. Ils atteignent des auditoires beaucoup plus vastes par le truchement des diffusions radiophoniques. Par exemple, le 24 mars 1946, la CBC diffuse à l'échelle nationale leur interprétation du Quatuor en ré mineur de Sibelius, compositeur que Kathleen a rencontré en Finlande à peu près à l'époque où il a composé cette œuvre.

Dépliant publicitaire pour le Parlow String Quartet, vers 1946

Comme toujours, les prestations de Kathleen Parlow sont accueillies par des félicitations sans retenue. Le Toronto Telegram affirme que le récital du Parlow Quartet était l'un des plus beaux concerts qui s'étaient donnés à Toronto depuis des années et que chaque instrumentiste était un maître éminent de la musique; il poursuit en disant que les musiciens avaient joué les uns pour les autres avec cette solidarité que confère le génie. Les auditeurs et auditrices notent que Kathleen Parlow adaptait, avec beaucoup de brio, son style de soliste aux besoins de l'ensemble.

 
Le Canadian Trio; de gauche à droite : Zara Nelsova, sir Ernest MacMillan, Kathleen Parlow  

Le simple fait que Kathleen Parlow soit capable de mener des groupes de musique de chambre composés d'instrumentistes de si grand talent montre bien l'estime dans laquelle ses collègues la tiennent et témoigne aussi de son énergie, de son dévouement et de ses talents d'organisatrice. Elle a expliqué sa philosophie : « For success in music as in any art there are no rules. My way to what measure of success I have achieved has lain through work -- hard, continuous, systematic. » [traduction libre : Comme dans n'importe quel art, il n'existe pas de règles pour atteindre le succès dans la musique. Quel que soit le niveau de succès que j'ai atteint, je n'y suis arrivée que par le travail, un travail dur, continu et systématique.] (French, 1967)

Le quatuor voit défiler de nombreux artistes, et plusieurs de ses élèves, dont Rowland Pack, y sont engagés comme remplaçants. Il est toutefois demeuré le quatuor de Kathleen Parlow autant par le nom que par la réussite. Le quatuor non seulement interprète le répertoire traditionnel, mais il donne aussi des premières canadiennes d'œuvres de Kodaly, de Britten, de Glinka, de Hindemith et de Kreisler ainsi que des compositeurs canadiens John Weinzweig, James Gayfer et Oskar Morawetz. Plus tard, il fait des enregistrements du quatuor de Weinzweig et d'autres œuvres.

Kathleen Parlow a autant de succès dans l'enseignement que dans la musique de chambre. Elle est si populaire à Toronto qu'elle doit refuser des candidatures. Elle enseigne selon la méthode de la dictée musicale, attendant de ses élèves qu'ils imitent ses mouvements et son interprétation. Privilégié est l'élève qui peut assister à une démonstration privée de la grande Parlow. Elle favorise par-dessus tout la méthode d'enseignement d'Auer, qu'elle cite souvent, ainsi que ses prédécesseurs. Parmi ses nombreux élèves qui ont réussi leur carrière, on trouve Gisèle LaFlèche (qui s'est fait connaître professionnellement comme la chanteuse Gisèle Mackenzie) et le chef d'orchestre Victor Feldbrill. Kathleen Parlow obtient les meilleurs résultats avec les élèves qui font preuve d'autant de conscience professionnelle et d'ambition qu'elle-même. Cependant, elle se montre déçue par ceux et celles qui choisissent la sécurité d'un poste dans un orchestre plutôt qu'une carrière précaire de soliste.

Ayant atteint la soixantaine, cette artiste a vécu des pertes et des déceptions personnelles. Elle ne s'est jamais mariée, croyant fermement que pour devenir une violoniste hors pair il fallait s'y consacrer totalement. « Papa Auer » est mort en 1930, mais le plus gros choc fut la mort de sa mère en juin 1954. Par nécessité financière, Kathleen Parlow a continué de se produire, donnant une série de concerts à Toronto en janvier 1958, accompagnée par Mario Bernardi, pour célébrer le cinquantième anniversaire de son premier concert professionnel. Le Parlow String Quartet cesse toute activité la même année; sa carrière ralentit et ses revenus diminuent. Elle n'a pas de revenus de retraite et, dès 1959, comme Albani et Gauthier avant elle, Kathleen Parlow éprouve des problèmes financiers. Comme à quelques reprises dans sa carrière, elle doit compter sur la générosité des autres; ses amis, dont Godfrey Ridout, créent à son intention un fonds d'aide. Après coup, elle résume sa carrière en déclarant qu'elle n'avait « never a great deal of money, but wonderful experiences » [traduction libre : jamais beaucoup d'argent, mais qu'elle avait vécu des expériences merveilleuses] (French, 1967).

Octobre 1959 apporte un peu de stabilité, lorsque des amis font nommer la violoniste, alors âgée de 70 ans, au poste de chef des instruments à cordes au collège de musique de l'University of Western Ontario. Puis, en avril 1960, elle fait une chute et se blesse sérieusement à l'humérus du bras gauche, un désastre pour une violoniste. Après la chirurgie, la rééducation et six mois de récupération, elle est de nouveau capable de reprendre sa classe.

Matériel de promotion pour Kathleen Parlow, vers 1940

En août 1963, Kathleen Parlow fait une autre chute à la suite de laquelle elle se fracture une hanche; elle meurt d'une crise cardiaque le 19 août, pendant sa convalescence. S'étant consacrée à son violon « bien-aimé » jusqu'à la fin, elle fonde, par testament, la bourse d'études Kathleen-Parlow destinée aux élèves en instruments à cordes de l'Université de Toronto. Cette bourse était alimentée par le produit de la vente de son violon Guarnerius.

Kathleen Parlow a gagné sa place dans l'histoire de la musique, et non simplement une place aux côtés d'autres femmes violonistes comme Wilma Neruda, Marie Hall et Maud Powell. Pour plusieurs, elle a été sans rival parmi les violonistes des deux sexes. Ceux et celles qui l'ont connue ou qui l'ont entendue jouer parlent d'elle au superlatif : « parmi les quelques grands artistes du violon »; « parmi les meilleurs violonistes du moment »; « une des élues »; « un talent phénoménal », tels étaient les mots utilisés pour décrire son jeu. Pour rendre hommage à ses talents, CBC Radio (1982) et Radio-Canada International (1986) ont diffusé des émissions sur les interprétations de la virtuose.

Kathleen Parlow, musicienne promise à une grande destinée, a accompli un long parcours depuis l'enfant prodige, en passant par l'adulte virtuose, l'instrumentiste de musique de chambre et la professeure, jusqu'à la légende de son temps. Tout comme son mentor Leopold Auer avant elle, elle a laissé son legs le plus important en enseignant la vision artistique qu'ils avaient partagée à la génération suivante de violonistes canadiens : « Faites chanter votre violon. »

 
  Kathleen Parlow. L'inscription se lit comme suit : « To Sir Ernest and Lady MacMillan - With much love from their devoted Kathleen Parlow. Toronto, March 1941 »

Pour obtenir plus d'information sur les enregistrements de Kathleen Parlow, veuillez consulter la base de données du Gramophone virtuel.


Références

Adaskin, Harry. -- « Kathleen Parlow : an appreciation ». -- Canadian music. -- Vol. 1, no. 4 (Apr. 1941). -- P. 3. -- No AMICUS 131034

Auer, Leopold. -- My long life in music. -- London : Duckworth, [1924]. -- xii, [1], 377 p. -- No AMICUS 12422686

_____. -- Graded course of violin playing. -- 4th ed. -- New York : C. Fischer, [1926- ]. -- No AMICUS 12469828

Collection Samuel Hersenhoren. -- Bibliothèque nationale du Canada

Collection Sir Ernest MacMillan. -- Bibliothèque nationale du Canada

French, Maida Parlow. -- Kathleen Parlow : a portrait. -- Toronto : Ryerson Press, c1967. -- ix, 167 p. -- No AMICUS 3750455

Hambleton, Ronald. -- « Tea with Kathleen Parlow ». -- Music magazine. -- (Feb. 1978). -- P. 12-15. -- No AMICUS 15549

« Hersenhoren, Samuel ». -- Encyclopédie de la musique au Canada. -- Sous la direction d'Helmut Kallmann et al. -- 2e éd. rev. et augm. -- [Saint-Laurent, Qué.] : Fides, 1993. -- No AMICUS 13213211

« Kathleen Parlow » [documentation éphémère]. -- Bibliothèque nationale du Canada, Division de la musique

« Parlow, Kathleen ». -- Encyclopédie de la musique au Canada. -- Sous la direction d'Helmut Kallmann et al. -- 2e éd. rev. et augm. -- [Saint-Laurent, Qué.] : Fides, 1993. -- No AMICUS 13213211

Parlow, Kathleen. -- « Student days in Russia ». -- The Canadian music journal. -- Vol. 6, no. 1 (Autumn 1961). -- P. 13-20. -- No AMICUS 123175

« Quatuor à cordes Parlow ». -- Encyclopédie de la musique au Canada. -- Sous la direction d'Helmut Kallmann et al. -- 2e éd. rev. et augm. -- [Saint-Laurent, Qué.] : Fides, 1993. -- No AMICUS 13213211

Withrow, John B. -- « Ladies of the Bow ». -- Bravo! -- (May/June 1988). -- P. 54-59. -- No AMICUS 3487772

« Zara Nelsova » [documentation éphémère]. -- Bibliothèque nationale du Canada, Division de la musique

Discographie

Creighton, James. -- Discopaedia of the violin. -- 2nd ed. -- Vol. 2. -- Burlington, Ont. : Records Past Publishing, [1994]. -- No AMICUS 13710167

Kathleen Parlow, violoniste et professeure (1890-1963)

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