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Kathleen Parlow - Début de carrière et tournées de concerts

Après un an d'études au Conservatoire, Kathleen, alors âgée de dix-sept ans, commence à se produire en solo, à l'instigation d'Auer, dans des récitals à Saint-Pétersbourg et à Helsinki. Une telle entreprise entraîne des pressions financières : « I remember when I was going to Berlin, Auer was very worried about my debut because it meant everything. We had practically no money, and when all expenses of concerts had been paid for[,] we had exactly ten pounds. » [traduction libre : Je me rappelle que, lorsque j'étais allée à Berlin, mes débuts avaient rendu Auer très anxieux, car ces débuts représentaient tout pour nous. Nous n'avions pratiquement pas d'argent et, une fois que toutes les dépenses des concerts avaient été payées, il nous restait exactement 10 livres sterling.] (Hambleton, 1978) Il y a eu d'autres concerts à Berlin, puis une tournée en Norvège, en Allemagne et en Hollande en 1908, dont le premier de nombreux récitals devant le roi Haakon et la reine Maud de Norvège. C'est à Oslo que les Parlow ont rencontré Einar Björnson, riche Norvégien qui devient par la suite le patron et l'ami de Kathleen. Le généreux Björnson lui offre même un violon sans prix qui lui permet d'atteindre de nouveaux sommets. C'était un Guarnerius del Gesù fabriqué en 1735; il demeurera son principal instrument.

 
  Kathleen et Minnie Parlow au Japon. Mme Parlow accompagnait sa fille dans presque toutes ses tournées de concerts

Minnie Parlow voyage avec sa fille pour tous les concerts de cette dernière, et continue à le faire, même après que sa fille est devenue adulte. Leopold Auer, lui aussi, continue d'exercer une forte influence sur son ancienne élève, l'aidant à organiser ses concerts et la conseillant sur les œuvres à interpréter ainsi que sur la façon de les interpréter. La jeune musicienne accepte leur implication comme elle accepte, avec même un certain plaisir, la discipline imposée par les tournées. Il semble que Kathleen considère ses relations avec Auer comme une relation père-fille autant que professeur-élève. Elle étudie avec lui chaque fois qu'ils se trouvent ensemble dans la même ville, et elle le surnomme « Papa Auer ». (Pourtant, Auer ne considère Kathleen que comme l'une des 30 ou 40 anciens élèves qui se réunissaient fréquemment à sa colonie de musique près de Dresde.)

Auer, Mme Parlow et leurs agents planifient ensemble les concerts de Kathleen de façon à mettre la jeune virtuose le plus possible en valeur. Après avoir étudié et avoir donné des concerts en Europe pendant cinq ans, dont des concerts avec des chefs d'orchestre comme Thomas Beecham et Bruno Walter, entre autres, Kathleen retourne en Amérique du Nord avec sa mère en 1910 pour y faire la tournée obligatoire. La virtuose se produit donc à New York, à Philadelphie, à Montréal, à Québec, à Ottawa et à Kingston. Elle donne le premier de ses nombreux concerts avec l'Orchestre symphonique de Toronto en février 1911. Elle est louangée partout, faisant partie des plus grands violonistes. Les Parlow sont particulièrement satisfaites de l'accueil que les provinces de l'Ouest réservent à Kathleen. Elle se produit à Calgary, à Regina, à Moose Jaw, à Saskatoon, à Edmonton, à Vancouver et à Victoria. Elle y est honorée par les autorités locales et les premiers ministres provinciaux.

Ensuite, elles retournent à New York où Kathleen se produit avec l'Orchestre symphonique de New York. Les critiques ont d'ores et déjà fait de Kathleen Parlow l'égale de son ami, le virtuose Mischa Elman. « The gifts of this young girl are extraordinary.… In her performances she has not been judged as a woman but as an artist.… The profession have declared that she is today one of the phenomena of the musical world. » [traduction libre : Les talents de cette jeune fille sont extraordinaires […]. Lors de ses concerts, on ne l'a pas jugée en tant que femme, mais en tant qu'artiste […]. La profession a reconnu qu'elle est aujourd'hui un des phénomènes du monde musical.] (New York Herald, 1911)

Kathleen Parlow en couverture du catalogue des disques Columbia d'octobre 1912

En juin 1911, c'est le retour en Angleterre, où les Parlow retrouvent « Papa Auer » pour préparer les récitals que Kathleen - maintenant une jeune femme de 21 ans - devait donner au festival d'Ostende. Son calendrier est très rempli; elles traversent l'Atlantique, aller et retour, de nombreuses fois. Elles reviennent en Amérique du Nord pour une seconde tournée de concerts au Canada et aux États-Unis; à New York, Kathleen se produit lors d'un concert-bénéfice pour les survivants du Titanic. C'est aussi à cette époque qu'elle fait ses premiers enregistrements, à la demande de Thomas Edison, en plus de ses enregistrements sous l'étiquette Columbia. Kathleen Parlow retourne à Saint-Pétersbourg et à Moscou en novembre 1912, pour des engagements arrangés par Auer.

À ce moment-là, le répertoire de Kathleen Parlow consiste principalement en des œuvres pour soliste, comme les concertos. Cependant, elle a commencé à explorer la musique de chambre et, avec le pianiste italien Ernesto Consolo, elle a donné ses premiers récitals de sonates à l'hôtel Astor de New York, en janvier 1912. Elle a aimé l'expérience et a commencé à ajouter des œuvres de musique de chambre à son répertoire. Plus tard, après avoir abandonné ses tournées de soliste, c'est vers la musique de chambre qu'elle se tourne pour rajeunir sa carrière.

Avec sa mère, Kathleen achète une maison de campagne à Meldreth, dans le Cambridgeshire, en Angleterre, où elles peuvent se retirer entre les engagements. Là, elle commence aussi à collectionner les livres; la lecture est, pour elle, un excellent moyen d'échapper aux exigences de sa carrière.

Publicité annonçant l'enregistrement de « Indian Lament » de Dvorak par Kathleen Parlow pour la maison de disques Columbia Publicité annonçant l'enregistrement de l'œuvre de Massenet, « Méditation », par Kathleen Parlow pour la maison de disques Columbia

En 1914, Kathleen Parlow entreprend sa troisième tournée nord-américaine au cours de laquelle elle enregistre plusieurs œuvres (comme la « Melodie in F » de Rubinstein) pour les disques Columbia. Elles sont déjà revenues en Angleterre lorsque la Première Guerre mondiale éclate. Malgré les dangers qu'impliquent les voyages en temps de guerre, Kathleen fait la tournée des pays neutres comme la Hollande, le Danemark, la Norvège et la Suède. En août 1915, elle rencontre Auer pour étoffer son répertoire avant de partir pour l'Amérique du Nord en décembre. Le printemps 1916 est consacré à une tournée aux États-Unis et au Canada, ainsi qu'à l'enregistrement de « Indian Lament » de Dvorak et d'autres œuvres. En 1917, elle est de nouveau en Angleterre, mais l'interdiction de voyager a réduit les occasions qu'elle avait de gagner sa vie en donnant des concerts. Elle ne peut reprendre un emploi du temps chargé qu'en 1919.

Catalogue des disques Columbia de mars 1917 annonçant un enregistrement de Kathleen Parlow. À noter qu'une des pièces, « Valse bluette », a été arrangée par Leopold Auer

La situation politique en Russie a déjà poussé Auer à émigrer à New York, mais son association avec les Parlow s'est refroidie. Il se peut que Kathleen, devenue une professionnelle expérimentée, ait eu moins besoin des conseils et des encouragements de son mentor.

En décembre 1920, les Parlow entreprennent la cinquième tournée de concerts de Kathleen aux États-Unis. À cette occasion, elle se produit pour la première fois à la radio, à Seattle, en avril 1922. De là, elle se rend à Hawaï, puis fait une tournée de 22 mois en Extrême-Orient et en Indonésie. Elle suit en cela les traces d'Éva Gauthier qui y avait fait une tournée entre 1911 et 1914. Kathleen Parlow se produit sur les scènes de Chine, de Java (Indonésie), de Singapour, de Corée et du Japon et, dans ce dernier pays, elle est même invitée à enregistrer pour la compagnie Nipponophone.

Dans la foulée de cet immense succès, les Parlow retournent brièvement en Angleterre, et Kathleen continue de se produire d'un bout à l'autre de l'Europe. Pourtant, en dépit de la grande célébrité dont elle jouit dans tous les centres musicaux du continent, elle et sa mère sont déçues de ne pas trouver le même engouement en Angleterre. On trouve aussi des signes d'une relation personnelle brisée, de fatigue et peut-être même de dépression nerveuse aux alentours de 1926-1927. La combinaison de tous ces facteurs semble avoir poussé les Parlow à revenir en Amérique du Nord. Un hiatus d'un an dans les concerts, sur lequel on a très peu d'information, a coïncidé avec ce retour.

Par la suite, dans une tentative de relancer sa carrière, Kathleen Parlow accepte de se produire dans une série de concerts à Mexico, en avril 1929. C'est la première fois qu'elle voyage sans sa mère. À Mexico, l'artiste est portée aux nues et même placée au-dessus de Heifetz, mais elle ne parvient jamais à se faire payer autant que son contemporain. En fait, même après avoir donné de nombreux concerts supplémentaires, elle ne parvient que difficilement à vivre après avoir payé ses dépenses de voyage et d'hôtel ainsi que les honoraires de ses agents et de ses accompagnateurs. Il se pourrait que ce soit une des expériences auxquelles elle se référait lorsque plus tard, à l'occasion d'une entrevue, elle déclare : « When things were very hard, we often thought -- mother and I -- why not give it up and get a job, do something that would bring in less fright for the future, but I knew I just couldn't do it. » [traduction libre : Lorsque les choses étaient très difficiles, nous nous demandions souvent, maman et moi, pourquoi ne pas abandonner et trouver un emploi, faire quelque chose qui apporterait moins de crainte pour l'avenir, mais je savais que je ne pourrais jamais.] (Hambleton, 1978)

Kathleen Parlow, violoniste et professeure (1890-1963)

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